Photographier en mode manuel

Retour sur les bases photographiques. Les fondamentaux simplement.

Cet article fait suite à une discussion portant sur la bonne manière d’orienter les plus débutants d’entre nous en matière de réglages photo. Contrairement à d’autres je crois qu’il convient d’encourager l’utilisation du mode manuel chez ceux qui souhaitent y recourir.

Je crois que les automatismes offerts par les appareils modernes nous privent d’une partie de l’aspect créatif de la photographie et conduisent à des erreurs de prise de vue qui s’avèrent irrattrapables. Une bonne maitrise de ces outils m’apparait fondamentale et à la portée de tous. Voyons simplement ce dont il retourne.

UN BRIN DE THéORIE (c’est chiant mais c’est comme ça qu’on a les idées claires):

Tous les appareils photo sans exception fonctionnent selon le même principe. On permet à une lumière focalisée (objectif, lentille, simple trou) d’impressionner un support (pellicule ou capteur) pendant un temps donné (obturateur). Ce processus permet de capter et figer une image dans le temps et l’espace. Ce sont là les seules véritables modalités du processus photographique.

Voyons maintenant les trois étapes qui jalonnent le parcours de la lumière:

1/ La lumière est d’abord focalisée de sorte à produire une image nette. Si l’on exclu le procédé ancestral de la chambre noire qui utilise un simple trou pour cela, on en vient à parler de lentilles ou plus couramment d’objectif photo. Cet objectif est muni d’un diaphragme qui agit comme un « robinet à lumière », la laissant entrer dans l’appareil de façon plus ou moins importante.

Ce diaphragme est notre premier outil créatif. Son réglage conditionne ce que l’on nomme « l’ouverture ».

2/ Les rayons lumineux ainsi focalisés pénètrent le boitier de nos appareils et rencontrent alors un rideau fermé qui la bloque. Ce rideau s’appelle un obturateur. Dispositif bien nommé, son rôle est d’empêcher la lumière d’atteindre la surface sensible qui se trouve derrière afin de la protéger.

Cet obturateur s’ouvre lorsque l’on appuie sur le déclencheur de l’appareil, laissant ainsi la lumière atteindre la surface sensible sur laquelle l’image se forme et s’inscrit.

La durée pendant laquelle ce rideau reste ouvert se nomme « temps de pose » ou plus communément « vitesse d’obturation ». Il s’agit là de notre deuxième outil créatif.

3/ La lumière atteint finalement la surface sensible et y « imprime » l’image de ce qui se trouve face à l’objectif. Cette surface réagit chimiquement ou électriquement selon qu’il s’agisse d’une pellicule ou d’un capteur numérique, mais qu’importe.

Ce que l’on notera ici c’est que la sensibilité de ce support peut varier en sensibilité. Sa réaction à l’exposition lumineuse sera alors plus ou moins rapide.

La bonne adéquation de ces trois paramètres (nommés « réglages ») doit d’abord conduire à la bonne exposition de nos photos.

Une bonne exposition c’est une photo ni trop claire, ni trop foncée. Rien de bien compliqué.

On ajustera donc cette exposition en usant des trois outils dont on vient de parler: le diaphragme (ouverture), l’obturateur (vitesse) et la sensibilité du support (les « iso »).

Il est important de noter ici que chaque modification de l’un des paramètres peut-être compensée par n’importe lequel des deux autres.

  • Pour éclaircir une photo on peut ainsi: ouvrir le diaphragme (f/2.8) ou allonger le temps de pose (1/15ème) ou utiliser une sensibilité plus importante (3200 iso).
  • Pour l’assombrir on peut: fermer le diaphragme (f/16) ou raccourcir le temps de pose (1/500ème) ou utiliser une sensibilité moindre (100 iso).

C’est tout. Ces outils sont interchangeables. L’action de l’un compense (ou accentue) l’autre.

QUAND CA DEVIENT INTÉRESSANT:

Obtenir une bonne exposition est nécessaire. Et ce n’est pas suffisant. Nos outils nous permettent d’aller au-delà, profitons-en!

Les trois réglages sont interchangeables pour conduire à la bonne exposition. On peut donc les manipuler à loisir pourvu que l’équilibre entre eux conduise à une exposition correcte.

Et c’est là que réside la bonne nouvelle parce que chacun recèle malgré tout des particularités très utiles au photographe!

1/ Ainsi l’ouverture du diaphragme permet de contrôler la profondeur de champ.

Ouvrons le diaphragme pour la raccourcir (f/2 par exemple), et tout ce qui se trouve en avant comme en arrière de l’endroit où nous ferons notre mise au point sera plongé dans le flou. Seul le sujet sur lequel on fera cette mise au point (et tout ce qui se trouve sur le même plan) sera net.

Si l’on fait ce choix il conviendra de compenser l’exposition en réduisant le temps de pose ou la sensibilité.

A l’inverse fermons le diaphragme pour allonger la profondeur de champ (f/16), et tout dans notre photo sera net. Du premier plan à l’arrière-plan.

Ici on compensera l’exposition en allongeant le temps de pose ou en utilisant une sensibilité plus élevée.

Il s’agit-là d’un outil puissant qu’il ne faut pas sous-estimer. L’exemple donné ici vous permettra déjà de vous faire une idée. L’ouverture du diaphragme et la gestion de la profondeur de champ permet de modifier le rapport entre les différents plans de l’image. Soit d’installer un dialogue entre eux, soit de privilégier l’un par rapport à l’autre.

2/ Un deuxième outil créatif est à notre disposition à travers la gestion du temps de pose. Celui-ci permet en effet de gérer le mouvement!

Ainsi un temps de pose très court (1/1000ème) figera toute action se déroulant face à nous. On compensera ce réglage en ouvrant le diaphragme ou en utilisant une sensibilité importante.

A l’inverse un temps de pose long (1sec) laissera le mouvement s’inscrire sur l’image. Il faudra alors compenser cet allongement en fermant le diaphragme ou en baissant la sensibilité jusqu’à récupérer une exposition correcte.

Là encore, et peut-être plus, cet outil ouvre des perspectives créatives très intéressantes! Les exemples sur la page Wikipédia ne sont pas les plus convaincants que l’on puisse trouver. Il faudrait que je prenne la peine d’illustrer un peu ce propos. En attendant n’hésitez pas à procéder à vos propres essais.

3/ Le choix d’une sensibilité ISO se révèle également un outil intéressant pour le photographe. D’abord il devra s’adapter aux contraintes de l’environnement et des conditions lumineuses. On abordera pas une journée de grand soleil sur la neige avec la même sensibilité que l’on privilégierait dans un pub après 23h.

Mais les sensibilité « extrêmes » ont leurs spécificités qui influencent beaucoup le « rendu » final de nos images.

Ainsi alors que les faibles sensibilités (100 iso) donnent beaucoup de détail, de finesse et de précision, les hautes sensibilités (3200 iso) affaiblissent les détails et donnent un grain et un contraste important (en argentique cela peut conduire à des images de caractère, en numérique il convient de ne pas pousser trop loin, selon les capteurs, pour éventuellement simuler ces effets avec un logiciel adapté).

CONCLUSION:

Voici donc une brève (si, si…) description des trois « réglages » fondamentaux de la prise de vue photographique.

Le reste de ce qui m’apparait important consiste dans le choix du sujet, de l’instant, la lumière, le cadre, la composition… encore pas mal de choses passionnantes à explorer!

Ce texte est quelque peu indigeste mais recèle malgré tout l’essentiel des informations nécessaires à une bonne compréhension des bases photographiques (avec quelques raccourcis et omissions que me pardonneront les plus aguerris). Il y manque pour l’instant des illustrations que je tacherai d’ajouter au plus tôt afin de faciliter la compréhension.

Je pense et j’espère qu’une lecture attentive pourra aider ceux qui arpentent ce chemin. L’apprentissage de ces quelques notions est loin d’être insurmontable. Quoiqu’il en soit: persévérez sans céder à la facilité, ça vaut le coup!

2 réflexions sur « Photographier en mode manuel »

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