« Sirènes II »

Salut les obturateurs carbonés! Aujourd’hui je vous présente une nouvelle photo. Elle a été prise assez récemment, très tôt le matin, juste avant que le soleil ne se lève, durant l’heure « bleue ».

J’avais choisi de tenter quelques clichés à ce moment-là pour notamment tenter de tirer quelque chose de ces panneaux publicitaires lumineux qui, à l’instar de bien des choses dans notre environnement, constituent à mon sens une pollution visuelle tout autant qu’une infantilisation assez insupportable des citoyens. Ici comme souvent, on fait appel à nos pulsions primaires pour nous vendre qui de la lingerie, qui du saucisson, peu importe en fin de compte, la recette est si souvent la même. Bref…

Je tentais donc de tirer quelque chose de ces panneaux publicitaires qui brillent toute la nuit pour les chats qui sont gris, et que j’ai donc rebaptisés « sirènes » pour l’occasion (les panneaux, pas les chats, bref)… Et j’ai choisi la toute fin de nuit parce qu’elles chantent alors plus fort qu’en plein soleil. (C’est bien connu d’ailleurs: les poissons font pas bien les malins en plein cagnard).

Il a fallu que le tramway vienne me couper la chique pour que je comprenne que je pouvais mettre ça à profit plutôt que de pester tout seul comme un naze (chose que je ne fais jamais c’est promis). J’ai donc opté pour une vitesse d’obturation pas trop rapide (pas vraiment par choix d’ailleurs à main levée en fin de nuit) et enclenché un mode de rafale lente parce que, sincèrement, il aurait été bien difficile de voir venir le fameux instant décisif de nuit à travers le tramway. Je m’en suis donc encore une fois remis au hasard, qui fait bien les choses comme chacun sait…

J’ai donc pris quelques images, certaines présentant mon affiche lumineuse plus ou moins masquée, d’autres ne montrant que mon reflet sur la surface noire du tram… et j’ai finalement choisi de garder celle-ci.

Je pense l’avoir choisie en grande partie parce qu’elle focalise sur l’essentiel concernant mon affiche: ce regard ô combien brûlant que savent nous jeter les mannequins de tous poils lorsqu’il s’agit de nous fourguer des trucs et des machins. En fait ce mannequin-là présentait deux yeux dans sa publicité. Mais justement je préfère qu’on n’en voit qu’un dans ma photo. Je trouve que ça renforce encore ce regard. Tout comme le fait que l’on ne voit rien d’autre de son visage de femme en devenir.

Ensuite il y a cet effet de téléscopage des plans et la confusion que cela entraine. C’est bien souvent le cas avec les photos qui comportent des reflets, mais ici le sujet principal est « rétro-éclairé » s’il vous plait! Et ça, c’est pas banal. Et puis surtout il fait presque nuit, le reflet se produit sur une surface noire et les plans sont tous parallèles. Tout ceci se combine pour donner une photo qui me parait à la fois évidente et complexe.

Elle est évidente parce que ce regard jaillit littéralement de l’image, et elle est complexe parce qu’une fois qu’on a vu ça, il n’est pas simple de comprendre de quoi il s’agit et ce qu’il y a autour…

La composition n’est pas tout à fait fantastique j’en conviens volontiers. Pour autant j’aime quand même cette photo dans laquelle je retrouve un peu (si, un tout petit peu) du surréalisme cher à HCB. Bon c’est pas encore les Arènes de Valences, mais je bosse!

Adishatz les amis! Au plaisir de vous lire!

4 réflexions sur « « Sirènes II » »

  1. Une démarche intéressante et une image forte. Photographiant la Place de la Comédie et le Cours de l’Intendance, je me suis aussi aperçu que les meilleures prises étaient celles avec le tram qui passait devant mon sujet au moment du déclenchement.

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